Comparateur assurance

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Aujourd’hui, les comparateurs d’assurances ont trouvé une place de choix dans la paysage de l’assurance. Si leur cheval de bataille est l’abaissement des prix des produits d’assurances par la mise en concurrence des différentes offres du marché, leur méthode de comparaison n’est du goût des grands acteurs du marché.

En effet, la plupart d’entre eux regrettent une politique de comparaison axée sur les prix au détriment de la qualité de service et de la complexité des produits d’assurance. Cette réticence est également nourrie par la recherche perpétuelle du bas coût avec un effet spirale pour les petits assureurs qui tentent de se maintenir en proposant des prix toujours plus bas, ce qui n’est exempt de risque pour l’assuré.

Cette vision de l’assurance pénalise l’offre selon certains experts. Toutefois, conscients de l’audience suscitée par les comparateurs d’assurances sur internet, quelques enseignes évoquent un éventuel partenariat qui serait conditionné par une remise à plat des méthodes de comparaison afin d’y intégrer des éléments qualitatifs et fonctionnels. L’objectif étant de mettre en valeur à leur juste prix les offres présentes sur les marchés.

Les comparateurs d’assurances doivent donc s’ils souhaitent enrichir leur base de données modifier leur approche auprès des assureurs et adopter une certaine éthique dans la mise en concurrence des offres. Le prix le plus bas n’est pas forcément la meilleure offre.

D’aucuns ont des propositions d’améliorations à leur soumettre. Pascal DEMURGER, directeur général de la MAIF, propose ainsi d’enrichir la comparaison avec un axe basé sur le tryptique « prix garanties-retours clients ». Car les assureurs sont clairs « nous ne sommes pas opposés aux comparateurs mais à condition qu’ils rendent service au consommateur et fassent preuve d’une neutralité absolue. »

Pour Carine HUSLIN, directrice digitale chez GENERALI, « les comparateurs doivent changer leur approche auprès des assureurs et revoir leur business models, en prenant un engagement partenaire basé sur le nombre de souscriptions, par exemple et pas seulement le nombre de leads apportés. Ils devraient également jouer un rôle de pédagogue, pour décomplexifier les produits d’assurance, au lieu de simplement les comparer et les restituer. De cela dépend la qualité du partenariat ». Encore une fois, un véritable gage de qualité leur est demandé.

Malgré, les critiques que suscitent les comparateurs d’assurance de la part des assureurs, nombre d’entre eux restent conscients qu’ils constituent de véritables carrefours d’audiences extrêmement fréquentés par les internautes. C’est donc tout naturellement que quelques grands noms de l’assurance ont souhaité tester une première collaboration sur des produits très ciblés comme (pour n’en citer qu’un) ALLIANZ qui expérimente sa présence auto sur les sites des deux grands acteurs de la comparaison en ligne, les furets.com et le Lynx.fr. D’autres plus prudent benchmark les différents sites de comparaison avant de poser leurs valises. On est clairement dans une démarche d’anticipation des tendances afin d’adapter le plus en amont possible l’offre à la demande. Car clairement si, à l’heure actuelle, les comparateurs d’assurance ne sont pas indispensables aux assureurs qui disposent déjà d’une large vitrine sur internet, c’est un levier de webmarketing qu’il serait imprudent d’ignorer.

L’importance qu’ont pris les comparateurs d’assurances n’interpelle pas uniquement les gens de la profession. En effet, les doléances de ces derniers sont remontées jusqu’au législateur qui a récemment décidé de mettre un peu d’ordre dans les procédés comparatifs employés. Dans un décret paru le 22 avril 2016 pris en application de la loi HAMON et entré en vigueur le 1er juillet 2016, le législateur a entendu répondre au besoin impératif de transparence décrié par les assureurs en instaurant à la charge des comparateurs d’assurance une obligation de délivrer une information loyale et claire à la destination du consommateur.

Cette nouvelle obligation à vocation à structurer le marché et à replacer la protection du consommateur, au centre des préoccupations de toutes les compagnies d’assurances.

 

 

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